Avec notre mode d’alimentation moderne nous oublions peu à peu combien il est important de mastiquer. Nous consommons beaucoup d’aliments mous, sans consistance, avalés en deux bouchées. Nos repas sont engloutis en un temps record et parfois nous n’avons même pas conscience de ce que nous avons mangé. Prendre le temps de bien mastiquer, c’est retrouver le lien fondamental qui nous unit avec la nourriture et redécouvrir des plaisirs que nous avions oubliés.

La découverte du goût

En mastiquant les enfants découvrent le plaisir de manger

En mastiquant les enfants découvrent le plaisir de manger

Nous avons tous conscience que l’acte de se nourrir est essentiel : si nous ne mangeons pas, nous mourrons, tout simplement. Mais, outre cet aspect primordial de l’alimentation, il en est un, qui n’est certes pas vital, mais qui a une influence certaine sur notre qualité de vie, il s’agit de l’apprentissage de la nourriture et du plaisir de manger.

Tout commence dès les premières tétées, l’enfant va apprendre à distinguer des variations dans le goût du lait maternel en fonction de ce que sa mère aura mangé. Il fera ainsi l’apprentissage de la diversité alimentaire, et son cerveau va s’enrichir de multiples connaissances. En revanche, s’il ne consomme que du lait artificiel, il n’aura l’expérience que d’un goût unique ce qui entrainera un appauvrissement de certaines de ses fonctions sensorielles.

Par la suite, si l’enfant est alimenté uniquement avec des purées industrielles au goût formaté et à la texture toujours identique, cet appauvrissement ne fera que se poursuivre. Alors que s’il consomme des purées concoctées à la maison, elles n’auront jamais exactement le même goût ni la même consistance. C’est l’occasion pour l’enfant d’affiner ses goûts, de savoir ce qu’il aime ou pas, bref de s’approprier l’acte de se nourrir en apprenant dès le plus jeune âge à faire ses propres choix alimentaires.

Retrouver le plaisir de manger

En France, depuis bien longtemps, nous attachons une grande importance à la gastronomie. La notion d’art culinaire exprime bien cette spécificité de notre culture. Traditionnellement, pour les français, l’acte de se nourrir ne se limite pas au fait d’absorber des aliments, mais consiste à les accommoder dans le but d’éprouver un véritable plaisir lors des repas. Malheureusement, nous avons aujourd’hui tendance à oublier cette notion, nous recherchons l’efficacité en tout, et la nourriture n’échappe pas à cette règle. Prendre le temps de bien mastiquer, c’est aussi retrouver le plaisir de manger que nous négligeons tant. En mâchant correctement nous avons le temps d’analyser ce que nous mangeons, de prendre connaissance des différents ingrédients qui composent un plat. Cela nous permet d’apprécier une multitude de saveurs, de textures, d’odeurs, une variété de sensations quasiment infinie tant est grande la liste des ingrédients et des différentes façons de les accommoder.

Retrouver ce plaisir de manger, c’est aussi recréer un lien social : un bon repas pris en commun, c’est aussi un moment de plaisir partagé, quoi de plus agréable après une « bonne bouffe » que de commenter les sensations ressenties, d’échanger sur la qualité des mets, unis par le plaisir de la nourriture partagée. Ainsi, certains repas mémorables peuvent rester gravés en mémoire durant toute une vie.

De plus, cette redécouverte du plaisir culinaire va avoir des répercussions positives : en ayant le souci du plaisir gustatif, nous allons spontanément rechercher des aliments de qualité et ainsi améliorer notre alimentation. Pour celui qui attache de l’importance à la saveur de ce qu’il mange, le croquant et le goût d’une carotte fraichement épluchée est sans comparaison avec la saveur insipide d’un hamburger.

En conclusion :

En prenant conscience de l’importance de la mastication, nous prenons aussi conscience de l’importance de la nourriture dans notre vie. L’acte de manger est un besoin vital qui peut aussi être une source de grands plaisirs, ne l’oublions pas.